Impasse & Solutions

Partie 1 — L’écosystème du financement — L’impasse

Les besoins des startups en phase d’idéation, de prototypage et d’amorçage « seed/early-stage » sont nombreux. Ceux-ci sont souvent spécifiques à chacune d’elle, et requièrent des réponses qui leurs sont propres. Leur permettant de ce fait, de poursuivre leur développement et éventuellement d’atteindre une étape supplémentaire dans le parcours qui est le leur (cycle de vie).

Les startups algériennes rencontrent des difficultés d’accès au financement traditionnellement disponible et spécifique à ces structures. Dû au niveau de maturité de leur écosystème, lui-même dans une phase balbutiante.

En effet, et à l’épuisement des premiers financements qu’ils leur sont disponibles (lorsque ceux-ci existent) « principalement l’autofinancement, la love money et les concours », alors que le bootstrapping a ses limites, ces startups se retrouvent « coincées » à une étape cruciale de leur cycle de développement « prototype non finalisé et/ou MVP minimum valuable product ne pouvant être commercialisé ou ne générant pas ou peu de revenus ».

Cette situation est due à un gap caractérisant la chaîne de financement de l’innovation algérienne.

En effet, au moins deux maillons essentiels restent manquants et ce dès les premières phases d’évolution de la startup « entre les étapes de la R&D et des Premiers Succès » illustrées ci-dessous :

Cycle de vie du financement des startups — Business Angels des Grandes Ecoles Frncaises

Concernant ce point précis et relatif aux premières phases de financement, on note l’absence des mécanismes et instruments de financement suivants « ou présents de façon intermédiaire, non structurée ou encore de façon imparfaite » :

1 — Phases de la R&D/Naissance (Seed stage) : Prêts d’honneur/subventions publics et privés :

A — Les dispositifs ANSEJ/CNAC devraient jouer ce rôle dans le financement hâtif des porteurs de projets et startups en octroyant notamment des prêts d’honneur. Cependant, ceux-ci sont orientés vers l’entrepreneuriat dans l’économie traditionnelle et ne sont pas adaptés aux startups.

Parmi les obstacles d’accès aux financements de ces dispositifs ou de leurs inadéquations, on peut noter:

1. Eligibilité : Il est demandé aux porteurs de projets d’être en situation de chômage total « attestations de non affiliation à la CNAS et CASNOS faisant foi ».

Or de nombreux entrepreneurs peuvent être gérants d’une/autres entreprise(s)/startup(s) par ailleurs ou cumuler un mandat social et un contrat de travail en exercent un métier à temps-partiel, ou encore en étant étudiant, ceci en plus de leur aventure entrepreneuriale.

2. Eligibilité : Pour y être éligible, il faudrait créer l’entreprise dans le cadre de l’ANSEJ « Dans le cas où la startup serait préalablement établie, elle n’est plus éligible au dispositif »

3. Emploi des fonds : La startup ne dispose pas de son capital librement. Seuls les prestations/achats de matériel sont pris en charge indirectement par l’ANSEJ.

De ce fait, l’accès au recrutement et la prise en charge des salaires ne sont pas possibles « ce qui ne s’adresse pas aux entreprises technologiques avec un besoin important en recrutement de développeurs, data scientists, commerciaux… ».

L’ANSEJ octroierait une prime finançant le fonds de roulement et qui pourrait être utilisable à ces fins. Cependant, son montant est limité « 500K DA » et il est difficile de vérifier l’information sur le terrain « sur son existence ».

4. Emploi des fonds : La suscription à des services auprès de fournisseurs étrangers « p. ex. : plateformes de développement étrangères/suscriptions aux logiciels… » indispensables au développement technologique des startups et non présents en Algérie (ou l’offre parallèle locale serait imparfaite) n’est également pas possible.

5. Modification des statuts : Toute modification future qui serait apportée aux statuts de l’entreprise, affecterait les avantages « notamment fiscaux » dont elle bénéficie dans le cadre de l’ANSEJ « à titre d’exemple, si la startup réalise postérieurement une opération de levée de fonds « ce qui modifie la structure capitalistique de l’entreprise, voire sa forme juridique » ou encore si l’équipe fondatrice se verrait renforcer par une nouvelle personne apportant ses compétences au projet, ceci affecterait la continuité de son adhésion au dispositif « de ce fait, les avantages fiscaux seraient supprimés » (sachant que l’adhésion à celui-ci est un avantage aux yeux des potentiels investisseurs).

Ce qui confine à l’exigüité dans l’ambition dont elles sont invitées à prétendre, et enquiquine dans leur évolution ces entreprises, aux équilibres financiers fragiles et adhérentes à ces dispositifs.

Ceci se reflète sur le nombre de startups et de projets innovants financés par ce biais. En effet, sur le période 2010–2016, seules 6% du total des projets financés par l’ANSEJ étaient des startups technologiques et/ou innovantes :

Baaziz, A. « 2018 ». Towards a new paradigm of “coopetitiveness” in emerging countries: Case of the Algerian Entrepreneurial Ecosystems. International Journal of Innovation, 7(1), 67–86.

B — Subventions : Certaines entreprises privées apportent des subventions aux startups « notamment les opérateurs de téléphonie mobile Ooredoo via le programme d’incubation tStart et Djezzy via Startup Booster Program », ou encore quelques grands groups nationaux issus de secteurs diversifiés.

Cependant, ces programmes et notamment leurs financements sont variables et/ou supprimer/sauvegarder d’une année sur l’autre.

C — Crowdfunding : Appelé également financement participatif ou collaboratif, faisant appel à la masse pour contribuer au financement d’un projet, il n’a pas encore connu le développement recherché lui permettant de se positionner pleinement comme étant un mode de financement alternatif pour les startups (convient mieux aux projets BtoC).

Cette situation est la résultante de l’indisponibilité en Algérie de deux facteurs indispensables au développement du crowdfunding :

– L’absence d’une législation encadrant cette pratique

– Le développement du paiement électronique

Au moins deux plateformes algériennes (Twiiza et Chriky) se sont positionnées depuis quelques années dans ce registre, et dont l’essor reste tributaire de ces deux facteurs.

Dans le même sillage que le crowdfunding, le développement de l’ICO « Initial Coin Offering » qui est la levée de fonds en crypto-monnaies ou par émission de jetons numériques « Tokens », reste compromis en Algérie. La loi de finance 2018 ayant interdit l’achat et la possession de monnaie virtuelle « ce qui a forcé à l’exile par exemple une des startups FinTech-Blockchain algérienne KodePay Kdbox ».

La pratique a connue quelques scandales d’escroquerie, de piraterie ou d’opacité de par le monde. La réguler est certainement une bonne chose, comme le font de nombreux gouvernements, cependant, l’interdire sans faire appel à consultation « que pourrait prendre part de nombreux spécialistes algériens qu’ils soient des startups ou des représentants, groupements ou associations spécialistes de Blockchain algériennes, d’autres acteurs peuvent apporter leur contribution, ca pourrait être notamment le cas de la COSOB qui régule notamment le marché boursier d’Alger, le cluster des entreprises du numérique ADC, ou encore des cabinets de conseil… ».

Le risque ici, est que le débat n’ait pas lieu et que cette interdiction ferme une porte de financement potentielle « et privée » à de nombreuses startups algériennes.

2 — Phases de la Survie/Premiers succès (Early stage) : Accélérateurs/Business Angels/Fonds de capital-risque

A — Accélérateurs : Il existe un certains nombre d’incubateurs et hubs technologiques en Algérie « notamment à Alger, qu’ils soient publics ou privés, en projet ou actifs » et qui accompagnent les porteurs de projets et les startups, les encadrent et les hébergent à leur démarrage (ANVREDET, HABA Institute, ANPT, DarTech, CDTA, Sylabs, The Pivot, IncubMe, CapCowork, ACSE, Incubateur du FCE, Incubateur de l’ESAA, Incubateurs d’entreprises « principalement les opérateurs de téléphonie mobile », Incubateurs des universités…). Ces structures ne sont pas censées financer les startups directement, mais les préparent à la levée de fonds et au lancement de leurs activités, les orientent vers les potentiels financeurs… La période d’incubation va d’un à deux ans en moyenne.

Quant aux accélérateurs, ce sont les structures qui prennent le relai, en succédant aux incubateurs et poursuivent l’accompagnement de startups plus structurées et se trouvant dans un stade plus avancé, en les coachant de façon intensive, ceci afin « d’accélérer » leurs business. Les programmes d’accélération durent de 3 à 6 mois en moyenne.

Leur particularité, réside également dans l’apport en capital « entre $15K et $125K » qu’ils mettent à disposition des startups qu’ils les sélectionnent, en contre partie d’une part en equity minoritaire (Entre 4% et 10% en moyenne).

Aucune de ces structures n’existe en Algérie pour l’instant « cependant un projet d’accélération en equity-free est en cours de lancement par Sylabs visant à accélérer et financer des startups à impact « à hauteur de 500K à 1,5M de DA ».

B — Businness Angels : A cette étape, ce sont généralement les business angels qui entrent en jeu, en tant qu’acteurs du financement des startups. Ils apportent « au-delà de leurs expertises et réseaux » des fonds qui permettent à l’entreprise de poursuivre son développement. Les sommes investies et les tickets moyens diffèrent d’une startup à une autre, d’un écosystème à un autre « d’un pays à un autre », cependant, ceux-là vont de $20K à $500K, apportés individuellement « un seul investisseur » ou de façon fédérée « un groupe d’investisseurs ».

En Algérie, des business angels opérant individuellement sont actifs « souvent des chefs d’entreprise, mais aussi des professionnels ou des commerçants ayant réussi leurs carrières, ou encore des entrepreneurs ayant réussi leurs affaires ». Cependant, des statistiques ou des études n’ont pas encore été menées pour identifier ces acteurs importants de l’écosystème, de connaître leur volume d’investissements « nombre d’opérations menées, la somme des capitaux investis, les typologies des business angels et des entreprises investies… ».

Au-delà de l’absence d’études et statistiques éclairant les faits énumérés ci-avant et apportant une photographie de la situation dans laquelle se trouve ce moyen de financement des startups en Algérie, les opérations qui sont réalisées actuellement se font discrètement et ne font pas l’objet d’une promotion ou médiatisation par leurs auteurs, sauf pour quelques rares exceptions « ceci soit pour des raisons stratégiques, mais aussi culturelles ou encore par négligence des répercussions positives que pourrait avoir cette médiatisation sur l’écosystème ».

En effet, au-delà du coup de projecteur médiatique dont bénéficieront les startups investies, cette médiatisation profitera également à l’écosystème dans sa globalité « mise en relief de l’engagement des business angels, faire des émules parmi de potentiels investisseurs et futurs business angels, promotion de ce type de financement auprès du gouvernement, promotion de l’écosystème startups algérien qui souffre d’une sous-médiatisation que ce soit en interne mais surtout à l’international, ce qui ne contribue pas à attirer différentes parties prenantes et acteurs internationaux en Algérie « startups étrangères, réseaux régionaux ou mondiaux d’incubateurs, d’accélérateurs, de venture capitalists… ».

Au-delà de ces personnes qui investissent dans des startups de façon isolée, il existe un seul réseau de business angels actif en Algérie, il s’agit de Casbah Business Angels CBA qui fédère une dizaine d’investisseurs.

Au-delà de CBA, trois autres structures ont été identifiées (dont deux basées à l’étranger) et orientant leurs efforts d’investissement vers les entrepreneurs algériens résidents ou ceux issus de la diaspora, cependant elles offrent peu de visibilité sur leurs activités :

– Markitor Business Angels

– Créateurs d’Avenir

– Business Angels Algérie-Diaspora BAALDI

Ce faible développement des réseaux de business angels peut s’expliquer principalement par l’absence d’une réglementation promouvant ce mode de financement. En effet, celui-ci devrait s’insérer, d’un point de vue fiscal, dans un environnement incitant sa pratique « notamment lorsque ces investisseurs se regroupent en holdings de business angels ».

Ceux-là investissent leur argent personnel, il leur sera possible de répartir le risque en investissant dans différentes startups et de façon collective et mutualisée, accompagnés par d’autres felow investisseurs. Le fait de se regrouper, leur permet également de s’aligner à plusieurs sur les projets qu’ils jugent prometteurs, ce qui ferait augmenter potentiellement les tickets moyens investis en fonction des besoins des startups. Cela reste plus difficile à faire pour un investisseur isolé.

Ils leur seront notamment possibles d’industrialiser leurs investissements et de diversifier leurs portefeuilles, ce qui leur permet d’atténuer le risque lié à leurs investissements. Ils auront une visibilité plus grande et pourront également se faire solliciter par un plus grand nombre de startups, alors que pour ces dernières et en entrant en contact avec ces réseaux, elles pourront s’adresser plus aisément à de nombreux investisseurs sans se disperser, ce qui leur fera gagner un temps précieux « sachant qu’une opération de levée de fonds dure en moyenne de 6 à 9 mois ».

En attendant qu’une réglementation spécifique aux business angels ne soit réalisée, le recours actuel pour ces investisseurs qui souhaitent se regrouper et bénéficier d’un cadre fiscal plus avantageux, serait de se constituer en fonds d’investissement « comme expliqué ci-après ».

A noter également, que le paysage économique algérien est assez propice à l’émergence de ce type de financement. En effet, celui-ci est notamment dominé par les entreprises familiales « ceci à différents niveaux de leur typologie, de la TPE, à la PME et jusqu’aux grandes entreprises ». Au-delà de l’investissement en réseaux de business angels, une seconde approche d’investissement est possible pour ces familles qui entretiennent et développent leurs richesses et qui font appel aux Family Offices « single ou multi-family office ».

Cette configuration du tissu économique algérien, dominé par le caractère familial de ses entreprises, correspond aux pratiques des affaires en Algérie et pourrait se constituer comme une alternative supplémentaire mise à la disposition de ces investisseurs et des startups. A ce titre, les family offices investissent soit directement dans des startups, mais également via des réseaux de business angels, ou encore dans des fonds de capital-investissement.

C — Fonds de capital-risque

Il existe plusieurs fonds d’investissement actuellement fonctionnels en Algérie. Les premiers qui ont vu leurs apparitions sont des fonds publics d’investissement « Notamment la FINALEP (Financière Algéro-Européenne de Participation) qui a été créée en 1991 à l’initiative de deux banques Algériennes et deux partenaires européens.

Cette activité est restée longtemps sous-développée relativement aux capacités et besoins de l’économie et ce à cause d’une législation incomplète (la loi n° 06–11 du 24–06–2006 et le décret exécutif n° 08–56 du 11–02–2008 sur le capital-investissement). Avant que celle-ci ne soit complétée par la loi n° 15–18 portant loi de finance 2016, le décret exécutif n° 16–205 du 25–07–2016 et les arrêtés du 19–04–2017 relatifs aux sociétés de gestion de fonds d’investissement, complétant ainsi la législation permettant le développement des fonds d’investissement en Algérie.

D’autant qu’un environnement avantageux fiscalement leur est accordés « contrairement à l’activité de business angels qui reste encore non légiférée ». P.ex. la société de capital investissement est soumise au taux réduit de 5% au titre de l’IBS et n’est pas soumise à cet impôt pour les revenus provenant des dividendes, des produits de placement et plus–values de cession des actions et des parts sociales…

Les intermédiaires en opération de bourse (IOB) ont également la possibilité d’exercer cette activité, faisant ainsi élargir les possibilités d’apparition de nouveaux acteurs enrichissant le paysage algérien des fonds d’investissement.

Si quelques fonds d’investissements privés nationaux et étrangers exercent en Algérie, leurs investissements ont été orientés de façon quasi-exclusive vers les PME de l’économie traditionnelle. Ceci peut se comprendre du fait des nombreuses opportunités qu’offrent encore ces secteurs d’activités et marchés en Algérie, certainement moins risqués et non encore saturés. Ils restent, de ce fait, porteurs pour ces fonds et leurs sont également plus compréhensibles, contrairement aux startups de la « nouvelle » économie (numérique), notamment dans leurs phases d’amorçage, qui restent plus innovantes et de ce fait plus risquées.

Cependant, leurs promesses « de part leur scalabilité » et le retour sur investissement, sont sans équivoque et sans équivalents dans l’économie traditionnelle.

L’autre facteur qui incite les fonds d’investissement privés « Venture Capital VC », à la prudence vis-à-vis de l’investissement au sein des startups est l’absence de grandes success-stories ayant marqué les esprits, au-delà de la première vague de startups algériennes, qui exercent depuis une dizaine d’années en réussissant leurs évolutions vers des PME « Ouedkniss, Guiddini, Emploitic… » et dont certaines commencent à s’internationaliser à juste titre, l’Algérie n’a pas encore connu de cas de succès tel que ce qu’a pu être démontré par des startups de pays proches en région Afrique-Moyen-Orient » : Zawya, Maktoob et Souq (Jabbar Group), Careem, Dubizzle, Noon, Propertyfinder, Wadi, Namshi, JadoPado, Fetchr, Bayut, Jumia, Interswitch, Getsmarter…

La région MEA (Afrique — Moyen-Orient) a ainsi vu apparaitre ses premières Unicorns (Careem au Moyen-Orient et Jumia en Afrique qui vient de faire son entrée en bourse de NY « IPO » en tant que première société africaine listée au NYSE malgré les critiques qui l’accompagnent) et éventuellement ses premiers Dragons grâce à la startup égyptienne TPAY, ou encore ses premières Gazelles…

Cependant, il est à noter qu’avant que ces Exits/IPO ne surviennent (le rachat de Zawya par Reuters pour $40M, Maktoob par Yahoo pour $85M, Souq par Amazon pour $580M, la startup publicitaire Media.net basée à Dubaï par le chinois Miteno pour $900M, ou encore ceux plus récents de Careem par Uber pour $3,1Mds, de Dubizzle par le sud-africain Naspers pour $190M et l’entrée de Jumia au NYSE…) toutes ces startups ont pu s’appuyer sur un apport en capital massif, cela qu’elles soient du Moyen-Orient, ou d’Afrique.

Tel le paradoxe de l’œuf et la poule, le succès en Algérie de l’une des deux parties dépanaderait de l’apparition de l’autre et vice-versa, les VC locaux attendent donc de voir des success-stories locales émerger, alors que les startups en place ont besoin de ces investissements pour se développer et réaliser leurs objectifs et pouvoir devenir des cas de réussite notables.

Seuls quelques rares exemples peuvent être cités, et parmi les plus récents celui de l’opération de levée de fonds opérée par la Startup Studio CasbahTech « via sa société de VTC TemTem à $1,7M en Serie A round ».

Cependant, et dans l’état actuel de l’environnement et l’écosystème des startups algérien, il sera difficile pour les startups en place d’arriver à un stade de développement « acceptable » leur permettant de se faire financer par les VC, en effet, la réponse à cette problématique se situerait certainement dans la résolution de l’étape précédente « maillons de financement précédent du cycle de financement, expliqués ci-avant » qui doit être résolue pour permettre à ces startups d’atteindre la maturité nécessaires, grâce à un développement plus avancé de leurs produits, des interactions avec leurs marchés et le recueil de traction leur permettant de convaincre les fonds d’investissement.

Parmi les fonds privés actuellement en place, on notera la présence de quelques fonds nationaux, ainsi que les représentations de fonds régionaux présents localement ou non (gérant pour la plupart des fonds publics européens) :

– AfricInvest

– Emerging Capital Partners

– Capital Trust Group

– Abraaj Group

– Amethis

– Dey Capital

– Tell Markets “Tell Group”

A noter la présence d’activité d’investissement en CVC « Corporate venture capital », notamment des opérateurs téléphoniques et certains grands groupes privés nationaux.

Cependant, ceci se fait de façon non structurée « il ne s’agit pas de fonds structurés et/ou d’entités/activité réellement dédiés à l’investissement » mais ces acteurs opèrent de façon opportuniste, au cas par cas.

En ce qui concerne les fonds publics, et au-delà du FNI (capital de prés de $1,9Mds), qui peut s’apparenter à un fonds souverain, la FINALEP premier du genre en Algérie (qui gère +$10M en fonds propre, en plus de la gestion de 10 fonds d’investissement de Wilayas soit près de $85M) reste certainement le fonds public référent et le plus actif.

Cependant et selon la COSOB, autorité qui avise le ministère des finances sur les demandes d’autorisation d’exercice qui émanent de sociétés de capital investissement, aucun investissement dans les startups n’est à signaler sur le nombre total d’opérations réalisées (25) à fin 2017/début 2018 au titre des fonds d’investissements de Wilayas (pour un montant global avoisinant les $15,7M), pour la plupart des projets industriels.

Dans le même registre, El-Djazair Istithmar, un autre fonds public (gérant +8,4M en fonds propre, en plus de la gestion de 12 fonds d’investissement de Wilayas soit près de +$101M), totalise à fin 2017/début 2018, 15 participations dans son portefeuille, 10 en fonds propre et 5 sur fonds d’investissement de Wilayas pour un investissement global avoisinant les $6,5M).

Au-delà des trois cités précédemment, d’autres fonds publics ou à capitaux mixtes sont actifs :

– SOFINANCE : Qui gère +$84M en fonds propre, en plus de la gestion de 10 fonds d’investissement de Wilayas soit près de $85M

– Fonds filiale de la BNA : Gérant 8 fonds d’investissement de Wilayas soit près de $67M

– Fonds filiale de la BEA en partenariat avec deux organismes européens « un fonds et une banque » : +$42M sous gestion en propre, en plus de 8 fonds d’investissement de Wilayas soit près de $67M

– ASICOM Fonds publics algéro-saoudien : $75M sous gestion

– Icosia Capital Fonds filiale de la MADAR Holding : Près de $12,6M sous gestion

– FSIE « Fonds d’épargne retraite auprès des travailleurs et de capital investissement » : Près de $3M sous gestion, le fonds compte seulement 5053 actionnaires (+$314K)

– Fonds commun de la BNA, de la BEA et du fonds d’impact américain SEAF : +$92,8M sous gestion (Fonds en cours de constitution)

– Fonds d’investissements algéro-français « En cours de constitution dans le cadre du COMEFA »

En excluant le FNI et le FSIE qui ne financent pas le capital-risque (bien que le FNI en a légalement la possibilité), ainsi que les dernier fonds cités non encore opérationnels « BNA-BEA-SEAF et fonds algéro-français », les fonds sous gestion des 6 autres structures citées cumulent à près de $638M.

Bien qu’ils aient le mérite d’exister, ces fonds restent très insuffisants pour prétendre à financer les besoins en amorçage et en développement de tout un pan de l’économie « TPE, PME, startups… ». D’autant que ceux-ci sont orientés vers tous les secteurs économiques, le numérique inclus.

Légalement ces fonds publics ont toutes les prérogatives pour investir en capital-risque dans des startups « que ce soit en capital-amorçage (seed-funding) ou en capital-développement (Serie A, B…) » et ce dans la limite de leurs capacités « souvent portée à une somme maximale ne dépassant pas les 10% de leurs fonds propres investie dans une même entreprise ».

Cependant, peu de visibilité est donnée aux possibles cas de startups financées par ce biais.

Il est à noter également, que de tous les fonds cités précédemment, la COSOB, autorité qui avise le ministère des finances sur les demandes d’autorisation d’exercice qui émanent de sociétés de capital investissement et de sociétés de gestion de fonds d’investissement, cite dans ses rapports d’activité seulement 3 sociétés de capital investissement comme étant autorisées à exercer cette activité (FINALEP, El-Djazair Istithmar et Icosia Capital) et 1 seule société de gestion de fonds d’investissement (Tell Markets).

Il est également regrettable, que deux de ces fonds (FINALEP et BEA) n’aient pas profité pleinement de leur proximité avec leurs actionnaires et partenaires experts du métier, rompus au financement de l’innovation et des startups et ce pour opérer un transfert de savoir faire et vulgariser la pratique en Algérie.

En effet, le premier cité a pour partenaire notamment l’AFD « Agence française de développement », dont la filiale PROPARCO (capital social de +$790M) est parmi les principaux fonds et fonds de fonds travaillant dans les pays émergeants et notamment en Afrique. Celui-ci investi directement dans des startups, mais surtout au sein de fonds. Parmi les closing les plus récents de PROPARCO, celui orienté vers l’Afrique subsaharienne « via le fonds TLCOM TIDE AFRICA FUND » ou l’Afrique du Nord « via le Fonds Sawari Ventures North Africa Fund destiné aux startups d’Egypte, de Tunisie et du Maroc ».

Alors que la BEA, avait choisi pour partenaire la SIPAREX (+$2Mds sous gestion), dont $450M dédié à l’innovation et aux startups early-stage via sa filiale XAnge.



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