Rencontre avec Kevin Tillier, CEO et co-fondateur

Kevin Tillier, CEO et co-fondateur de MySkillCamp présente la nouvelle plateforme dans ses bureaux

Dans un monde où le savoir abonde, le rôle du sage n’est plus tant de le produire que de l’organiser. Une réalité à laquelle l’entreprise moderne est de plus en plus confrontée. Interpellés par le manque de cohérence des marketplace de la connaissance, Kevin Tillier et Amandine Coutant ont décidé d’y remédier. MySkillCamp était né.

Arrivé dans le centre de Tournai, je dois m’y reprendre à deux fois pour trouver l’adresse. C’est que le long du quai des Salines, en plein cœur historique, rien n’indique la présence de MySkillCamp. Je tente ma chance à la porte anonyme du 10a et accède finalement au lieu. A l’intérieur, un vaste espace lumineux et contemporain dont MySkillCamp est l’unique locataire. Une localisation qui fait partie intégrante de la stratégie, puisque de l’aveu de Kevin Tillier, outre un loyer ultra compétitif, être à Tournai est en soi un élément de différenciation : « On est proche de Paris, de Londres et de Lille. On se distingue facilement et ça nous permet aussi de recruter facilement de très bons talents venus de Lille ».

L’entrée des bureaux de MySkillCamp, en plein coeur historique de Tournai

Le temps de faire le tour des bureaux qui hébergent aujourd’hui plus d’une vingtaine de collaborateurs, Kevin me tend sa nouvelle brochure présentant la Learning eXperience Platform de MySkillCamp et qui promet une interface tout-en-un pour une expérience d’apprentissage moderne, évolutive et participative. Mais au fond, que fait-on chez MySkillCamp ?

« Ici, on aide les entreprises à dépoussiérer leur département formation. Nous sommes spécialisés en formation. A l’heure actuelle, il existe de nombreux outils, que ce soit en présentiel, en digital pur ou via des formules hybrides. Nous, nous proposons un portail unique qui permet de les réunir tout en assurant le suivi avant, pendant et après les formations ».

MySkillCamp, une plateforme de formation moderne et interactive

Du banc d’école au bureau de CEO

La formation à distance, Kevin l’a dans la peau, ou presque. A l’âge de quinze ans, le jeune Carolo est repéré par un recruteur lors d’un stage de hockey sur glace au Canada. De commun accord avec ses parents, il fait sa valise pour Montréal et s’envole terminer ses humanités dans un programme canadien de sport études. Comme les trajets entre les villes sont longs et que les déplacements se font en car, la plupart des élèves doivent se former à l’aide de modules d’éducation à distance, particulièrement développés au Canada.

Lorsque Kevin revient en Belgique, il débute des études d’ingénieur de gestion à l’UMons avant d’entrer en faculté de langue anglaise à Valenciennes. C’est aussi là qu’il rencontre Amandine Coutant, sa compagne et future associée. A côté de ses études, Kevin donne des cours particuliers de langue. L’affaire marche bien et grandit. En trois ans, il a déjà enrôlé la plupart de ses camarades. L’élève est devenu maître.

En quelques années, l’équipe de MySkillCamp a bien grandi

Rapidement, l’équipe se structure en société sous le nom de Clic 2 Speak et met l’accent sur les formations décentralisées. Les commandes suivent et Kevin se retrouve à créer des modules de formation à la demande de clients. Énormément de matériel existe déjà, mais rien n’est centralisé. « Mon métier, c’était de faire du copier-coller. Tout le monde trouvait ses besoins dans des plateformes différentes ». De même, pour le formateur, il n’est pas facile de s’approprier ces espaces: « il n’y a pas de place pour le formateur là-dedans. Soit on est administrateur, soit on est apprenant. Le digital ne m’apportait rien ».

Pour Kevin, il fallait une approche plus globale. Comme elle n’existait pas, il a décidé de la créer.

Un pour tous, tous pour un

MySkillCamp se présente avant tout comme une plateforme qui intègre et unifie toute une série de formations en ligne proposées par des marketplace bien connus tels que Udemy ou Bookboon. Pour le client, cette unicité de la plateforme est fondamentale.

« Devoir systématiquement switcher d’un outil à l’autre en fonction des besoins de formation présente un obstacle pour l’utilisateur final qui doit sans cesse se familiariser avec de nouvelles plateformes. En intégrant ces différents outils dans une interface unique, on simplifie et on organise l’accès à la connaissance tout en s’inscrivant dans la continuité, ce qui permet d’accompagner l’évolution des usagers ».

Un des avantages de MySkillCamp ? La possibilité de réunir l’ensemble des usagers autour d’une plateforme unique

MySkillCamp, c’est donc un peu l’Appel Store de la formation à distance. Une fois inscrit, on accède à un large catalogue de formations dispensées à la demande par des acteurs de premier plan. « Sur le marché, on n’est pas les plus forts, mais en se positionnant au-dessus, on peut proposer une offre inclusive et extrêmement diversifiée ».

En outre, le fait de suivre différentes formations sur une seule plateforme permet à MySkillCamp de développer l’accompagnement des usagers de façon à la fois moderne et participative. Avant, pendant et après la formation, le formateur dispose de fonctionnalités qui lui permettent de contacter les apprenants via la plateforme et d’assurer leur suivi. De même, ces derniers ont aussi accès à des outils qui encouragent l’échange et la transmission de connaissances entre pairs.

Grâce à MySkillCamp, les formateurs peuvent prendre contact avec les apprenants avant, pendant et après la formation

Une formule qui semble plaire. C’est que depuis 2017, MySkillCamp multiplie les gros clients. D’Ieteren auto, Sodexho, Solvay ou encore Thalys et Delhaize, la plateforme compte aujourd’hui 14.000 utilisateurs, avec un taux de connexion mensuel de 50%. Et pour 2019, c’est une nouvelle version de la plateforme qui devrait voir le jour. « Si on arrive à closer les gros prospects qui sont en cours, alors on est partis » me dit Kevin enthousiaste. « Se pose aussi la question de l’internationalisation, où le potentiel est énorme. Mais si on arrive en Belgique, où la culture de travail n’encourage pas la formation à distance, alors on réussira n’importe où ».

Kevin Tillier, capitaine de son équipe

Journées à rallonge, toujours en première ligne, Kevin est plus que le patron de sa société. Il en est littéralement le capitaine. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il tire son équipe par la force de son exemple. A 5h du matin, lorsqu’il arrive le premier au bureau, il débute sa journée en tant que Sales Manager jusqu’à 9h30, lorsqu’il reprend sa casquette de CEO. « Chaque journée est nouvelle, il m’est difficile de les planifier à l’avance ».

Un esprit sportif qu’il entretient comme il peut lors de son temps libre. Une fois par semaine, Kevin s’accorde une soirée pour jouer au hockey sur glace ou sur roller. C’est tout ce que son emploi du temps lui autorise, même s’il le regrette. « J’aime aussi les films de sport à l’américaine. Je trouve que d’une certaine manière, ils sont assez proches de la vie d’une entreprise. Il y a toujours des hauts et des bas, mais un seul momentum qu’il ne faut pas rater. Chez nous aussi. Ca va arriver, je le sens ».

Côté vie privée, le boulot et le sport n’empêchent pas un peu de sentimentalisme. Kevin m’avoue avec nostalgie s’écouter de temps en temps les indispensables de Noël : « Au Canada, on ne rigole pas avec Noël. Ils ont quelque chose de très touchant avec ça. Ca donne du baume au cœur. J’aime bien Noël ».

Avec Amandine, partenaire dans la vie comme en affaires, ils reviennent d’un séjour à New York où ils ont admiré la parade de Thanksgiving. Une relation professionnelle et privée parfaitement équilibrée. « C’est avant tout une question de confiance et de respect. Il faut être capable de déterminer un périmètre d’activité clair, mais l’avantage, c’est que l’on peut prendre des décisions super rapidement. Et comme on partage tout, il n’y a ni conflit d’intérêt, ni tensions financières ».

Une confiance et une zenitude dont Kevin a fait son mantra. Son conseil pour les entrepreneurs qui se lancent ? Oser prendre des risques. « Chaque risque est une opportunité. Ce n’est pas une fin en soi, mais ça peut amener de très bonnes choses. C’est comme ça qu’on arrive plus loin et qu’on peut aller jusqu’au bout d’un projet ».

Texte : Clément Jadot



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