Twitter, compte Oncomedics, été 2018

ONCOMEDICS, startup médicale basée à Limoges. Cette société innovante propose des tests fonctionnels pour le cancer. Identifier le traitement qui va donner au patient le plus de chances … 2.500 EUR le test. Le test fonctionnel se fait à partir de cellules tumorales du patient, tandis qu’avec Onco DNA (France, Belgique, Asie dont Malaisie, Vietnam) on va cibler *un panel* de traitements possibles, à partir de séquençage d’ADN, d’ARN et de protéines du patient. Dans ce panel, ce sera à l’oncologue (ou cancérologue) de choisir “au mieux”. Enfin, il y a Sophia Genetics, qui propose en centre hospitalier régional à l’échelle française (et aussi à l’étranger, notamment en Suisse et aux USA) une aide au diagnostic médical grâce à l’A.I. Sophia s’intéresse directement au corps médical en milieu hospitalier, qui est donc son prospect direct (et non le patient).

Oncomedics, Onco DNA, Sophia Genetics. Trois étapes ou échelons à gravir pour récolter les bénéfices de la médecine génomique dite de précision dans le cancer, du plus affiné ou abouti (“le” traitement optimal) à la première étape, qui est de faire le bon diagnostic, en passant par l’échelon intermédiaire (cibler un panel de traitements possibles).

En combinant ces trois échelons aux dernières avancées technologiques proposées par Apple, notamment le nouvel iPhone qui va permettre de stocker le séquençage génétique de toute une famille (il y a assez de data pour cela sur un seul iPhone !), on a des avancées exploitables pour démarrer de suite en France, pour les patients atteints de cancer et souhaitant éviter de s’épuiser dans des traitements lourds de chimiothérapies inutiles (ne marchant pas dans leur cas). Notons que le stockage de la data directement dans l’iPhone et non pas dans le Cloud va rassurer les clients et patients sur la question de la confidentialité de la data, surtout pour de l’information confidentielle comme des données médico-génétiques. Comment les assureurs vont-ils réagir ? MGEN en Chine, pour faire du préventif ? La médecine chinoise est depuis toujours basée sur la prévention, pas sur le curatif. La législation, par ailleurs, est moins stricte en Chine qu’en France. Jusqu’à présent, bien des patients américains ne souhaitent pas connaître leur risque santé dans tel ou tel domaine de peur d’être éjecté de leur contrat d’assurance (ou autre pénalisation financière). Tant qu’on ne sait pas, on ne risque rien. Ce cercle vicieux (frais causés par de lourds traitements curatifs et leur remboursement, ce qui aurait pu être évité ou mieux anticipé) a été mis en place par l’assureur lui-même ! Pourtant dans ce système l’assureur laisse des plumes, et pas que … Comment le marché de l’assurance va-t-il basculer en mode prédictif, ce qui est son intérêt pour éviter de payer des traitements lourds en mode curatif ? Avant de parler de l’outil blockchain (sorte de notaire virtuel), il faut bien définir le besoin. Jusqu’à présent, l’assureur savait des choses que l’assuré ne sait pas (dans le domaine de la santé publique), mais cela était compensé par tout ce que l’assuré sait sur lui (domaine de la santé individuelle) et que l’assureur ne sait pas. On avait donc une sorte d’équilibre. Si tout à coup le curseur se trouve déplacé au désavantage de l’assuré, dépossédé des informations qu’il pouvait jusque là protéger de son assureur, lequel prend les pleins pouvoirs … Risque accru pour l’assuré de se retrouver pénalisé, sans même voir arriver la “sanction” ou pénalité financière, ou exclusion ? Comment la compagnie d’assurance qui veut basculer du mode curatif au mode préventif pour faire des économies va-t-elle rassurer l’opinion publique sur ce dangereux déséquilibre ?

Avant de prendre un cas d’école pour tenter de comprendre ce qui bouge du côté assurance, voyons un peu plus en détail ces trois sociétés : Oncomedics, OncoDNA et Sophia Genetics.

Oncomedics : un test pour déterminer la chimiothérapie optimale pour chaque patient.

Twitter (mars 2018)
Source : http://fpa.fr/wp-content/uploads/2017/06/DP-Oncomedics-Pro_Juin-2017.pdf

OncoDNA :

Le cancer du poumon est le premier tueur au monde (au vu de la pollution dans les pays évoluant à toute vitesse en Asie …). Du coup des pays comme le Vietnam ou la Thaïlande ou la Malaisie ont développé des compétences de pointe dans le traitement de ces redoutables maladies, à prix raisonnables. Au début de cette présentation par mon ami le Dr Vu, vous allez voir les chiffres “cancer du poumon” dans le monde. C’est du lourd …

In this presentation Dr. Vu will discuss about the incidence, epidemiology, diagnosis and the most frequent mutations in NSCLC. Then, he will present the current guidelines and the approved and in development treatments for advanced NSCLC. Finally, the mechanism of action of immunotherapy and clinical data regarding checkpoint inhibitors in lung cancer will be explained, as well as the best way to predict immunotherapy response. (4 septembre 2008) Lien vers la vidéo: https://www.youtube.com/watch?v=KEF4dlmNoUA&t=7s
L’e-mail reçu de la part du représentant commercial Onco DNA en Asie, Marc Fu, en réponse à mes questions. On voit qu’OncoDNA s’attaque aux cancers ayant déjà muté (métastases, stades 3 et 4).

Le contact Onco DNA pour la France :

Sophia Genetics :

“Sophia Genetics est une startup suisse, créée par un Français qui propose aux hôpitaux du monde entier (presque 500 aujourd’hui, dont 40 en France) une aide au diagnostic des cancéreux. Le Directeur Marketing Tarik Dlala nous explique en détail toute la mécanique. Fonctionnement, business model, evolutions à venir (séquençage “direct to consumer”) . Comparaison avec le programme “génomique 2025” des Français, etc… Sophia reste dans le domaine du curatif. Va-t-il évoluer vers la médecine prédictive ? Très intéressante discussion…” Jean-Michel Billaut

Voir aussi ma chronique biomédicale sur Sophia Genetics (mai 2018) ici.

Et maintenant qu’on a fait le tour de la question, si je puis dire, passons aux assureurs. C’est le vrai problème, là où ça risque de coincer en attendant que tout le tintouin “médecine génomique dite de précision”, avec l’aide de l’A.I; du deep learning et de tout ce que vous voulez (ou presque) se mette en place. Mao Zedong avait fait passer autrefois toute la Chine en mode préventif pour la médecine, car il n’avait pas les moyens de mettre en place une médecine curative comme chez nous sur tout l’Empire du Milieu. Le prédictif de l’époque était plus ou moins performant, soit dit au passage … Aujourd’hui, la Chine (pour laquelle certains prédisent la suprématie technologique à horizon 2030) est intéressée par le préventif (médecine préventive : la prévention pour chaque individu) et le prédictif de pointe (médecine prédictive, comme la Population Genomics à l’échelle de tout un pays, par ex.) — le tout un brin plus évolué que ce qui avait été mis en place du temps de Mao, naturellement. Même lors du Grand bond en avant on n’avait pas encore inventé le deep learning et bien entendu pas le curatif de pointe susceptible d’en découler, selon la loi “biologie = wet lab (le labo, les éprouvettes) plus dry lab (la programmation informatique, la numérisation de tout le vivant, cellule après cellule, atome après atome, comme avec Google Maps)”. Toute la population chinoise est déjà passée en mode préventif (par la force des choses, sous Mao, à la dure). Il se peut donc que certains assureurs français, désireux d’innover et donc d’amorcer ce changement de paradigme (plus de préventif, moins de curatif, préventif et curatif de pointe), louchent sur la Chine pour commencer à démarrer sur le terrain du “changement de paradigme”. Shenzhen, Chengdu, Shanghai, mais aussi Singapour … Par contre, on se rappellera de ce groupe français auto, arrivé le premier en Chine et le dernier à y faire du business … Je ne sais plus si c’était Citroën ou autre, je ne veux vexer personne, mais si comme moi vous passez du temps en Chine et que les gens savent que vous êtes Française, on vous ressort tôt ou tard cette anecdote qui fait rire les Chinois, histoire de vous montrer à quel point vous êtes nuls en business, vous, les Français. Mais il paraît que je réussis bien les crêpes et le gâteau au chocolat, et les quiches, selon ma famille chinoise. Oui, vous avez bien lu entre les lignes comme moi : on me suggère que je suis une quiche en matière de business.

A ces éventuels assureurs français je dirais une chose : les BATX au coeur de la médecine s’intéressent à deux choses : le préventif de pointe et le curatif de pointe, via la plateforme Tencent (WeChat), laquelle est munie de la traduction automatique chinois-anglais et vice-versa. Si l’assureur n’est pas en mesure de présenter des avancées dans ces deux domaines, il pourra aller se rhabiller selon moi. Pour le moment, dans le domaine de l’oncologie de pointe (cancer), les assureurs privés gèrent les dossiers au cas par cas, avec le médecin qui sert souvent de coordinateur. Il faut bien que les choses se mettent en place, on en est aux débuts … A suivre les débuts sur le Vietnam, la Thaïlande et la Malaisie (sans parler de la Chine), je suis en mesure de constater la chose suivante : les pays d’Asie évoluant vite ont inscrit dans leurs objectifs donnés par le gouvernement de développer le tourisme médical de pointe (Thaïlande surtout, mais tous les autres suivent). La raison en est très simple : la médecine génomique dite “de précision” se développe très vite aux USA, mais elle reste hors de la portée de beaucoup de bourses. Elle existe, est à la pointe, mais les prix sont prohibitifs pour beaucoup. Quant à l’Europe, les choses dans l’ensemble restent encore très verrouillées, et cette tendance lourde pourrait bien persister pour la poignée de décennies à venir, disent certains. Il n’a donc pas fallu longtemps à l’Asie pour mettre au point un marché, répondant à une demande : le tourisme médical de la part de patients européens et américains venus chercher ce qu’ils ne trouvent pas dans leur pays : des soins à la pointe pour un prix compétitif. Regardez l’offre de soins au Vietnam et en Thaïlande, vous allez être surpris (et pas que pour les soins dentaires). Certains hôpitaux et centres privés du Nord de la France (Dunkerque, OncoDNA) recherchent la clientèle anglaise, plus aisée financièrement que celle locale, et cherchent à l’attirer dans le domaine du traitement de pointe du cancer …

Mon compte twitter (août 2018)
Compte twitter du Dr. Eric Topol (USA) le 14 septembre 2018, auteur du best-seller américain “The Patient Will See You Now” (2016)
Mon compte twitter, Janvier 2018

Nul besoin de préciser que la Chine est sur le pied de guerre, pour proposer aux patients de tous les pays une offre très compétitive et très qualitative.

Mon message est le suivant, et je pense que vous me voyez venir avec mes gros sabots : si les assureurs français n’amorcent pas la pompe, la médecine hexagonale va se flétrir au niveau qualitatif et quantitatif, et dans le même temps, le tourisme médical en Asie va prendre son essor …Car bien évidemment, qui irait se lancer dans l’aventure “médecine de précision” si c’est pour se voir pénalisé financièrement par son assureur ? Aujourd’hui, cette crainte, justifiée, domine …

Durant mon séjour en France ces cinq derniers mois, j’ai été contactée par trente deux patients en échec multi-thérapeutique (cancers variés, âges variés, hommes et femmes, enfants). Pour certains et certaines, il était trop tard, ils et elles étaient déjà trop affaibli(e)s par des chimiothérapies inutiles. Pour d’autres, je remercie Onco DNA pour leur prise en charge en France …

A l’instar de Patrick Chêne, journaliste sportif, les gens prendront de plus en plus leur destin en main. Ils refuseront les chimiothérapies inutiles et n’hésiteront pas à changer de médecin, à chercher l’information, à dénicher la pépite qui va les aider, dans leur cas bien précis. Ce sera en France, ou ailleurs … Saviez-vous que là où avant on prescrivait des chimiothérapies pour les cancers du sein qui débutent, on trouve, avec le recul et les connaissances d’aujourd’hui, qu’il vaut mieux un simple traitement hormonal ? …

Et pour finir, je recommande ce livre que j’ai eu grand plaisir à lire … Le Dr. Cymes est ORL à l’hôpital européen Georges Pompidou, où (soit dit en passant) se trouve le meilleur service de réanimation de France et de Navarre …




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